Où le Narrateur met fin à un insoutenable suspense quant à l'évolution récente de sa vie sentimentale et, si Dieu veut, sexuelle.
Je te laissai lors de mon dernier post « régulier » dans un suspense haletant que n'auraient certes pas renié les producteurs de « Sous le soleil »... Y aura-t-il ou n'y aura-t-il pas union contre nature, et par extension péché de chair par la voie back stage avec l'éphèbe que tu ne connais que sous le nom de Q. Sois heureux car la réponse tant attendue va t'être ici révélée, tu vas pouvoir retrouver le sommeil et abandonner tous tes projets d'immolations par le feu en place publique.
S'il m'en souvient bien –en même temps je n'aurais qu'à descendre de trois articles et lire par moi-même, mais je suis feignant–, s'il m'en souvient bien, donc, je venais de vivre une soirée émotionnellement éprouvante avec le cher ange lorsque je pris la plume pour te conter les bases du pitch. Et je restai dans l'expectative, état régulier pour moi dès lors qu'il s'agit q'un quidam de sexe masculin de 17 centimètres ou plus dont je me dis « Et si... ».
Et ça ne dura pas qu'un peu, en fait... Les trois mois qui suivirent ne marquèrent qu'une évolution écrite, SMS-ée dirais-je même, qui bien qu'agréable, me laissait la dent creuse. Tout y passa : Du temps « Ouhh la la il fait bien chaud ces temps ci, ça oui le climat l'est devenu comme fou, c'est à cause que les vaches elles pêtent sur les fées de la serre, ma bonne dame » ; au travail « On nous exploite, on nous ment, on nous spolie, l'Etat vautour veut sucer jusqu'au dernier globule du sang des masses laborieuses... NO PASARAN !!! » (Oui, le jeune éphèbe est de gauche aussi !). En bref, que du lieu commun, d'où la dent creuse. Mais il me faut être honnête, ou du moins essayer, nous faillîmes nous voir, et ce –Ô Joie– à son initiative. Faillîmes, donc. Car le jour dit, il reçut un coup de fil de l'agence de voyages de ses parents, partis en voyage, l'informant qu'il y avait eu un souci, et nécessitant son intervention. Ce qui bien sur avorta l'entrevue.
Alors, je ne sais pas si on peut aller jusqu'à me qualifier de poissard, mais une chose est sûre, la Fée qui s'est penchée sur mon berceau avait soit un lumbago, soit une panne de baguette, parce que niveau « chance », elle nous a fait le minimum syndical ! Ceci dit, rien ne changeait dans le ton de ses textos, toujours un poil trop chaleureux à mon goût pour être honnêtes, à base de « Gros bisous, j'espère te revoir bientôt, Bla Bla Bla »...
J'alternais entre deux textos les périodes de joie et de baissage de bras quand, surprise, le 31 Octobre dernier, 2 jours après mon anniversaire, et le jour de sa fête, je reçus un texto de sa part, s'excusant de son silence, et me proposant de se voir le samedi suivant...
On notera au passage ici une habile manœuvre de la part du Narrateur visant à dévoiler à la fois et sans en avoir l'air le prénom du Nouvel Être Aimé, et sa propre date anniversaire, histoire de s'assurer un cadeau l'année prochaine, comme ça, l'air de rien. Ceci dit, pour le prénom, avec Q, ça fait pas légion... Puis pour l'anniversaire, on restera dans une coquetterie distinguée : Tu sauras le jour, mais pas l'année ! Faut pas déconner non plus !
Bref, je reçus donc un texto le mardi, proposant une rencontre le samedi, et après un rapide calcul visant à évaluer le taux de parents aptes à conduire durant les quatre jours à venir, quasi nul pour cause de fractures multiples –Le souci mentionné plus haut était, je l'appris par la suite, un accident de voiture–, j'osai entrevoir l'espoir que CE rendez vous pourrait se concrétiser. Mais, car il y a toujours un Mais, je ne me laissai pas m'emballer, et tentai de garder la tête froide. C'est-à-dire que je n'y pensai que 10 fois par jour.
Et dans ma réponse, comme ça, l'air de rien, je décochai ma flèche en loosedé, en lui souhaitant sa fête. Ca coûte rien, c'est le genre de chose qui fait toujours plaisir, et puis c'est pas comme les annivs, lors desquels on croule en général sous moults MMS et autres missives, pour la fête, rares sont ceux qui ont la gentillesse et la délicatesse d'y penser. Car oui, je suis gentil. Ce n'est certes pas la qualité première qui transparaît chez moi au fil de mes posts, mais il en est ainsi. Lors de mon arrivée en ce bas monde, la fée dont je parlais plus haut se présenta au chevet du Bébé Nikko, afin de proposer ses services à la Reine Mère venant d'enfanter, à base de « sortilèges chance fertilité amour argent retourdel'êtreaimé lecture de l'avenir dans les entrailles de poulet » telle Mamadou Dia Marabout de son état à Belleville.
-« Bon, alors laissez-moi regarder dans mon Bordel.... Il me reste de la Gentillesse, de la Beauté, et j'ai une promo SuperGrosseTeub très appréciée... je lui mets quoi, au Lardon ? »
-« Les qualités de l'âme perdurent longtemps après que celles du corps se soient fanées... Fais péter la Gentillesse, Clochette !! » Répondit benoîtement la Reine Mère.
-« Sûre ? Non parce que vu la tronche, moi je dis, un poil de Beauté ça serait pas du luxe... Mais bon, c'est vous qui voyez. Abbracadabra !! »
–L'on pourra ici trouver l'idéalisme de la Reine Mère charmant, jusqu'à ce que l'on en fasse les frais ! Fin de l'aparté–.
Je plaçai donc mon trait, et visiblement je fis mouche au vu de la réponse reconnaissante et touchée que je reçus.
Le Samedi matin, j'envoyai un texto où je lui disais que j'étais de garde à l'hôtel, mais que j'étais tout à lui à partir de 17H30... Hélas le cher Ange me croyant enchaîné au service du grand capital Accronien pour la journée complète s'était engagé auprès de son chef pour finir un travail urgent, ce même samedi, et donc n'être libre que vers 21H30. Aussi me proposa t il de le rejoindre dès sa sortie, arguant que le Paris By Night, c'était joli. Moi je dirais même romantique –encore de l'eau à mon moulin, mais je dis ça, moi, je dis rien–, surtout en aussi charmante compagnie.
Au final, en fait, tant mieux me dis-je, car la veille un examen rapide de ma garde robe je réalisai avec horreur que ben y avait rien d'exceptionnel pour ce tête à tête nocturne. Un petit tour aux 4 Temps s'imposait. Une galerie marchande un Samedi après midi. Si ça c'est pas de l'Amûûûûr...
Direction Célio, donc, dès la fin de ma journée de travail, histoire de trouver une bricole, comme ça, trois fois rien. Bon au final, la bricole-comme-ca-trois-fois-rien m'a coûté 200 Euros. Mais c'est pas ma faute, il y avait plein de sapes magnifiques. Et puis c'est comme à la SPA : Tu sais que le chaton qui te regarde avec ses grands yeux, si tu le prends pas, il finit piqué et au four ! Ben là c'est pareil : Ce si joli petit manteau gris anthracite trois boutons coupe droite, si tu le prends pas, ben il finira sur les épaules d'un blaireau sans une once de goût qui le mettra sur son jogging Adidas, le dimanche matin, avec des tongs, pour sortir les poubelles devant son pavillon Catherine MAMET, à Cergy Pontoise, 95800. Et pareil pour le jean. Et la chemise... N'y a-t-il pas déjà assez d'horreurs dans ce monde ? Mon cœur de jeune pédé féru de Mode n'aurait pu le supporter.
C'est donc fier comme un bar-tabac, paré de mes nouveaux atours, que je foulai le pavé parisien et fonçant tête baissée cœur battant, euphorique à l'idée de rejoindre le Nouvel Etre Aimé. Qui eut une vingtaine de minutes de retard, mais bon quand on aime on ne compte pas. Et puis ça m'a donné l'occasion d'admirer la superbe expo de photos sur les grilles du jardin du Luxembourg.
Un coup de fil pour me rassurer que oui oui il arrivait, et voila qu'apparaissait au loin son athlétique silhouette. Le temps de gober un Fisherman salvateur, parce que c'est bien beau de se saper comme Lagerfeld, mais si c'est pour avoir l'haleine de son poney, c'est pas la peine, et je m'avançai à sa rencontre.
J'ai déjà dit qu'il était beau ? Quentin, pas le Poney... Oui ? Ehh ben je le redis. Il sortait du taf, donc en costar, veste sur l'épaule, bras de chemises relevés, cravate défaite, de même que les 2 premiers boutons de son col de chemise, laissant ainsi entrevoir la naissance de son torse lisse et musclé. L'air un peu fatigué, le sourire éclatant, et son sac de sport à la main. Ca rappelle une pub de parfum, ça, hein ? Eh ben même le mec de Polo Sport il pouvait rentrer chez sa mère, tellement il aurait fait terne à coté de Lui. Aucun, je dis bien aucun – et aussi chamallow cela puisse t il paraître ça n'en est pas moins vrai, juré sur la tête de la Minimeuf– des mecs que j'ai connu et aimé n'arrivait à sa cheville en cette minute, en cet instant.
C'est sans doute ce que j'adore chez Lui. J'ai eu des mecs qui m'ont fait vibrer, certes et Dieu merci, j'ai même eu l'audace d'en aimer quelques uns. Mais aucun n'a jamais provoqué si intensément en moi cette sensation d'embrasement, cette impression que le cœur se déploie dans la poitrine, jusqu'à en irradier partout, à en causer des frissons dans la nuque. Aucun.
Etreinte chaleureuse, je lui vole au passage les yeux fermés une bouffée d'Acqua Di Gio, dont l'arôme, chauffé au contact de sa peau tout au long de la journée m'enivre, je jubile de lire dans ses yeux une joie de me retrouver, qui si elle n'égale peut être pas la mienne, a au moins le mérite d'y être.
On se pose tranquillement dans un troquet du quartier, histoire de faire la coupure de nos journées de travail respectives, et de penser à où manger. Il en profite pour descendre se changer aux toilettes, et remonte dans une tenue beaucoup plus décontract qui, même très différente du Sexy Office Boy de la minute précédente, n'en était pas moins un régal pour les yeux.
Incapables l'un comme l'autre de prendre une décision quant au restau, nous décidâmes de concert de nous laisser guider par ce cher vieux Hasard. C'est vers Odéon que nos pas nous menèrent, où je m'arrêtais deux secondes pour jeter un œil au menu d'un restau. Lui, croyant que j'avais décidé, y entra. Je l'y suivis donc, et je jetai un œil à la salle une fois à l'intérieur, le temps que l'hôtesse nous accueille. Tout ce que je détestais : Une salle enfumée, clientèle BoBo pseudo branchée à mort, la Ardisson en fond sonore –certes lounge à souhait, comme zique, mais chiante à mort à force d'être devenue cliché–. Bref, que du Bonheur. L'hôtesse daigna enfin nous accorder son attention, et après que nous lui ayons dit que l'on souhaitait manger, nous proposa le traditionnel « Fumeur / non Fumeur ». Au vu du smog ambiant, aux forts relents de Malbocs, j'y allai de mon petit sarcasme en lui demandant si le coin non fumeur c'était le trottoir... Ce à quoi elle répondit avec une légère causticité que NON, c'était dans la salle du restaurant... en Haut ! –Note pour plus tard : Ne plus jamais se comporter en sale con hautain tant que l'on n'est pas sur d'avoir toutes les cartes en main–. En effet, un deuxième examen de la salle où l'on se trouvait ne révéla que des verres sur les tables.
Nous suivîmes donc la femelle en haut de l'escalier. Je ne sais pas si vous avez déjà éprouvé ce sentiment, en rentrant dans un immeuble miteux et délabré, pour pousser la porte d'un appartement qui se révèle être un palace... C'est exactement ce que je ressentis en arrivant en haut: Autant la salle que nous venions de quitter était désagréable, enfumée, terne, autant celle où nous rentrions semblait n'avoir été conçue QUE pour le romantisme : plafond plutôt bas, murs d'un rouge sombre sans être étouffant mais plutôt capiteux, une déco à sensibilité indo orientale, lumières indirectes, par des appliques tamisées sur les murs, tables raisonnablement espacées, fauteuils confortables assez baroques dans mon souvenir, ambiance musicale parfaite, toute en trip hop et lounge, comme en bas, mais LIVE... ; Oui Ami Lecteur... Avec du vrai DJ dedans. Mieux qu'au Kong.
Nous en eûmes, lui comme moi, le souffle coupé ! On n'aurait pas pu trouver mieux si l'on avait spécialement cherché un endroit de ce genre. C'est volontairement que je n'ai pas nommé l'endroit, car celui là, je le garde pour moi. Et pour lui.
Avec une mention spéciale pour les toilettes –on ne rit pas, d'avance merci– aussi bleues et épurées que la salle était rouge et surchargée. Et vastes comme mon appartement, mais ça, en soit, c'était plutôt déprimant.
On aurait dit un môme à DisneyLand, tellement il avait l'air heureux et surpris.
Repas aux chandelles, encore une fois, délicieux, encore une fois aussi.
Service impec et discret, et, la compagnie aidant, l'impression d'être seuls au monde lui et moi...
Encore un poil vexé d'avoir été battu sur mon propre terrain la dernière fois, je me promis de tenir ses regards, avec l'œil de velours que je sais si bien faire, héritage cette fois ci paternel. Ne dit on pas que la meilleure défense c'est l'attaque ?
En effet, c'est lui dont l'œil finissait par se dérober, presque timide, avec un soupçon de rosissement sur les pommettes en prime.
Je me payai même le luxe, lors de la commande du dessert, de le prendre de court, et de demander pour lui, car j'étais sur de ce qu'il allait prendre. Je lui demandai confirmation du regard (histoire quand même de pas lui flinguer son repas) avec mon demi sourire juste ce qu'il faut de sûr de moi – Bastian saura très bien duquel je parle–, confirmation qu'il me donna avec une bouille qui, aujourd'hui encore me fait fondre rien qu'à y repenser. Quand je vous dis que je sais être charmeur par moments...
Pas réellement pressés de quitter l'endroit, nous décidâmes de rester là bas pour prendre un verre, puisque ça faisait bar, aussi. Le serveur nous emmena dans une salle encore différente de la première (immense, je vous dis, ce restau...), nous disant avec un sourire lourd de sous entendus que c'était plus intime. Encore un collègue, tiens !
Je tiens à marteler ici mon point de vue quant au jeune Homme, au risque de paraître lourd.
Je trouve que outre l'ambiance de la soirée, quand même vous l'avouerez plus propre à un tête à tête suivi d'un queue à cul qu'à une pizza bière avec matche de foot après, il laissait aussi passer bien facilement les allusions du serveur. En plus, est il besoin de le souligner, du gringue carrément outré que je lui avais fait, ne serait-ce qu'avec le coup du dessert... Là c'est même plus être gay friendly. Moi je dis carrément qu'on l'aurait tondu à la libération, là... Bref.
Le serveur nous plaça donc à une table un peu en retrait, deux profonds fauteuils, nous abreuva de force Caïpirinhas et mojitos au gré de nos commandes.
Ambiance feutrée, conversation intimiste, légèrement évaporés l'alcool aidant, nos jambes croisées se frôlant par moments, j'étais bien. Profondément bien....
Nous quittâmes le Pub vers 5.00 du matin, et il me proposa de partager son taxi, Neuilly étant sur le chemin de Rueil. Ce que j'acceptai avec joie, préférant de loin prolonger sa compagnie, et préférant les effluves délicats qui émanaient de lui (Giorgio faisait toujours effet) que de me taper les sorties de boîtes dans le bus de nuit. J'avais pas bu à en vomir sur moi, c'était pas pour respirer celui des autres nan ?
Lorsque le taxi me déposa près de chez moi, je restai l'air tout con sur le trottoir, sourire béat aux lèvres, le voyant se retourner dans le taxi pour me dire au revoir. Mieux, je restai à sourire comme un benêt en regardant son visage s'éloigner... car il faisait de même.
Je reçus un texto de lui avant même d'avoir atteint mon appart, me remerciant de la soirée qu'il avait trouvée –je cite– « Mieux que super bien », et me souhaitant de beaux rêves. S'il en faisait partie, ils le seraient. Ca je pouvais le garantir.
C'est en pensant à cet empressement à m'écrire, depuis le taxi, alors que l'on s'était quittés quelques minutes seulement auparavant que je tombai dans les bras de Morphée, souriant aux anges. Et plus particulièrement à MON ange.
En vous r'merciant, Bonsoir.
Ps : Ne sois pas si impatient, Ami Lecteur... Je travaille à la suite.....