18/02/2007

18/02/07 - 18:46

Où le Narrateur constate avec surprise que son cœur ne sert pas qu'à pomper le Long Island Ice Tea qu'il a dans le sang...



Ahhhh Ami lecteur.... Que dire.... J'en suis moi même sans voix, et sans fiel.... Et me connaissant c'est pas peu dire !
Stupeur et Tremblements, je crois que j'Aime... C'est ballot je me croyais immunisé contre la chose, et son lot de déconvenues.
Mais le fait est là, j'Aime. Faisons face, hauts les cœurs, et buvons jusqu'à la lie l'amer calice de la vie qui rappelons le est une chienne!
Je dois bien me rendre à l'évidence... Cette légère sensation de papillons dans le ventre en pensant à Lui. Cette bouffée d'oxygène quand je reçois un texto, cette fébrilité quand j'en écris un qui DOIT apparaître comme naturel et désinvolte, alors que je mets plus longtemps à le penser et à l'écrire que Victor Hugo n'en a mis pour pondre les Misérables (Je mets bisous ou a +, là ????? cruel dilemme !!).

Cet état d'extase et cette impression de flotter doucement sur un nuage à des kilomètres du sol et de la réalité quand je passe une soirée avec Lui. Nombre de symptômes qui ne peuvent tromper sur l'origine du Mal.
Qu'en dire : Il est beau, il est gentil, il est intelligent ET cultivé, il est sportif, il est plus bandant qu'un acteur de chez Falcon, il ne me donne qu'une envie, celle de sentir la chaleur de sa peau contre la mienne, son souffle dans mon cou.
Jusque là, rien qui sorte de l'ordinaire, par rapport aux 1000 bombasses par jour pour lesquelles je papillonne du ventricule, et dont je pense, avec tout la poésie qui est mienne -mes intimes confirmeront - que: "Putain j' lui casserais bien les pattes arrières, celui là". Mais là, que Nenni. J'en discutais avec un ami, auquel je vantais les mérites du Nouvel Etre Aimé, et qui, taquin, me dit : «Et encore, toi tu ne l'as pas vu à poil !!!!». En effet, lui venait de passer une semaine à pouvoir admirer dans ses moindres détails la plastique de l'Objet de son affection, lors d'une semaine de vacances entre potes.
Donc, « .... Pas vu à poil ! »... C'est là que les fondations même du modèle de lubricité et surtout - grands dieux SURTOUT - sans sentiments que je m'efforçai de composer depuis ma dernière amère déconvenue furent réduites en miettes. Rends toi compte, Ami Lecteur, et surtout Toi, Lecteur Ami, qui me connais et connais les sommets que peut atteindre ma Libido. Rends toi compte. On eût pu attendre de Nikko, en de pareil cas, une réponse du genre bave aux lèvres, corps caverneux submergés et borborygmes du genre « gnaaaaaaahaaaaa BAÏÏÏÏSER !!!! ».
Que Nenni. A ma grande surprise, la réponse qui jaillit de mon cœur fut «Si tu savais comme je m'en fous». Sidéré, je me retournai pour fustiger l'Ingénu ayant eu l'impudence de se mêler d'une conversation où il ne fut pas convié ! Mais c'était Moi.
Et Merteuil devint Tourvel, comprenne qui peut !
« Je m'en fous »... Si un jour on m'avait dit que je penserais cela d'un Homo Sapiens de sexe masculin et de l'éventualité de le voir dans le plus simple appareil.... Mais le fait est là.

Je l'avoue humblement, piteusement, je trouve plus kiffant d'imaginer passer une soirée dans ses bras ou lui dans les miens devant un DVD, qu'une nuit à lui mettre la fiêêêêêêvre pendant des heures...

J'aspire plus à l'emmener au restau en amoureux, et dans ce que je considère comme les endroits les plus beaux et romantiques de Paris (Cour Carrée de nuit nous voilà !!) qu'à connaître le goût de sa queue (la Reine Mère excusera ici l'impudique évocation des activités non onanistes de sa progéniture).

Je préfère la fébrilité et le trouble ressentis en caressant sa main d'un geste très étudié et mûri pour qu'il paraisse accidentel, ou de faire une bise très près du coin de ses lèvres par mégarde (Oh zut, j'ai glissé que je suis maladroit quand même), que celle de faire attention à lui ne pas déchirer son boxer en le lui arrachant avec les dents, parce que Merde un CK c'est pas donné !

Y a pas comme une odeur de Chamallow, dans le coin, là ?

Ceci dit, si en plus du DVD, de la Cour Carrée et de la bise maladroite en laquelle, soyons honnêtes, personne ne croit; je peux faire tout le reste, c'est Noël !!!! Chassez le Naturel, comme on dit. Mais dans le cas présent, mon sens des priorités m'étonne par sa nouveauté !

Ceci dit, soyons honnêtes et rendons à Freud ce qui lui appartient, les Intimes auxquels il m'est arrivé de me confier les (Qui a dit 365 ??) soirs de détresse de l'année l'auront deviné, si je me suis laissé embobiner, c'est sans doutes en raison de l'impasse que cet Amour, si fort soit il, a de grandes chances de masquer : Mis à part mes deux Ex, je me suis toujours appliqué à ne ressentir Le Sentiment Suprême que pour des personnes qui, je le savais inconsciemment, ne seraient jamais en mesure de me l'apporter en retour... Distance, Impossibilité à se défaire de son passé et à avoir le courage de plonger dans un nouvel inconnu (C'est une image, ne soyons pas salace, c'est pas le genre de la maison.), Goûts trop différents...
J'ai toujours mis un point d'honneur à choisir LA chimère de la salle....
« Provoque ton échec, il te fera moins mal que s'il arrive alors que tu es plein d'espoir » a dit le Prophète!
Mea Culpa, ça me fait moins peur d'échouer volontairement que de prendre le risque de baisser les défenses et vivre peut être quelque chose de beau.

En effet, dans le cas qui nous occupe, l'obstacle est le suivant:
Le Charmant Jeune Homme fait partie des victimes du Fléau.
Pas de chance, on ne choisit pas, il est né avec, il n'a rien demandé à personne, et pourtant c'est tombé sur lui. Lui comme tant d'autres, bien sur, mais là, peu m'importent les Autres, c'est Lui que j'aime.
On se sent impuissant devant cela, on a beau faire, beau dire, on n'a pas encore trouvé de remède... Et penser que son état est à priori un obstacle à l'amour que je lui porte, ça me remue les tripes. On veut se battre contre ça, et on frappe dans le vent. Et on se retrouve frustré devant tant d'injustice. Pourquoi Lui? Non mais je vous jure, c'est quoi cette idée d'aimer les filles!!!!!!

Il est évident que, tel un Don Quichotte de la rue Sainte Croix en armure griffée Lacroix, je n'ai pas choisi ce qui se fait de plus simple comme Moulin, en m'attaquant à l'hétérosexualité.
Mais avant que tu ne lève les yeux aux ciel, Ami Lecteur, laisse moi t'expliquer pourquoi, en dehors du fait de « On-ne-choisit-pas-qui-l'on-aime », je laissai s'emballer mon péricarde sur ledit Dulciné. Outre un physique plus qu'avenant, déjà débattu ci-dessus, et sur lequel nous ne reviendrons pas, la charmante créature semble tout de même faire preuve de quelques dispositions à l'égard de votre serviteur.
Pour faire court et resituer l'action, car il ne sera pas dit que Nikko abandonne son prochain dans les méandres de sa réflexion sans l'éclairer, je m'en vais t'expliquer la Genèse de l'histoire.
Ledit jeune homme fut rencontré au travail, l'été dernier. En manque sérieux de réceptionniste de nuit, je passai une annonce, et c'est au cours de l'un des entretiens que je fis la connaissance de Q.
-Oui, en plus il s'appelle Q... Je peux enfin dire que j'adore le Q sans que ça soit seulement une insanité!!!-
Jeune étudiant en droit (Un futur avocat en plus!!!! Mazal Tov, comme dirait Sylvia Fine!), il souhaitait arrondir ses vacances. Bref, la rencontre n'a pas grande importance, puisque mis à part quelques "bonjour-bonsoir-putain quel cul!!!", je n'échangeai pas beaucoup avec lui. Et en plus il est pseudo sorti avec une stagiaire de l'hôtel.
Ce fut par le plus grand des hasards que je recroisai le bel éphèbe en Mai dernier, alors que je revenais de mon réapprovisionnement mensuel à 150 euros chez Auchan. Vous en conviendrez, on a vu Nikko plus Glamour qu'en vieux T shirt, tirant son Caddie Mamie avec ses 6 rouleaux de PQ en promotion qui dépassent. mais il eut la décence de ne pas le souligner, ou, mieux, de s'en foutre. Et moi, me préparant à un cordial "tienssalutcommenttuvas?" aussi sobre qu'expéditif au vu de notre peu de connaissance réciproque, quelle ne fut pas ma surprise à l'entendre me dire "Putain, je suis trop content de te voir, je t'offre un café". Ni une ni deux, les rouleaux de PQ tassés au fond du caddie, un rapide examen d'haleine et hop, nous voilà nous avançant vers le café le plus proche. Et se raconter nos vies depuis un an. Mon célibat, ses déboires (parce qu'apparemment il en a chié sa race...). Mais plus que le propos, ce sont les regards qui m'ont troublé. Je veux dire, à ce stade des retrouvailles, en dehors du constat fait que sa beauté ne fut en aucun cas altérée par les mois, je ne m'attendais pas à grand chose. Mais il me lançait des regards, pas le moins du monde lubriques, mais d'une intensité pour le moins troublante, ce genre de regard où l'on ne parle pas, mais ça n'est pas nécessaire car les yeux s'expriment seuls. Et pour un spécialiste des attaques oculaires tel que Nikko -avis unanimes des utilisateurs, statut durement acquis-, excusez l'expression mais ça fait un tout petit peu mal au cul de se faire piéger avec ses propres armes.
En fait le genre de regard que l'on tuerait pour voir dans les yeux du bogosse installé dans le fauteuil à coté à l'amnésia; mais que l'on se retrouve tout con quand on reçoit de la part de quelqu'un qui a priori se destine à une pratique régulière du cunnilingus, mariage et paternité en prime. Ca rentre pas dans le cadre. Ca déstabilise.
Et Dieu sait pourtant que s'il est une chose que l'on ne peut retirer à Nikko, que l'on appelle ça de la lucidité ou du défaitisme, c'est sa propension à ne pas s'emballer devant un beau garçon! En général, et à la fureur de mes compagnons de déambulations chasseresses, le mantra qui me douchait immanquablement si je croisais un mec intéressant et attirant, c'était "Mais pour qui je me prends pour espérer attirer un mec pareil". Oui, je sais, j'ai reçu des claques sur l'arrière du crane par lesdits compagnons, alors pas la peine de lever les yeux au ciel. Mais je lutte contre moi même...
Quoiqu'il en soit, c'est tout tourneboulé que je ramenai mon PQ et mes 3 tomates à la maison. Echange de textos, rien de particulier par la suite, j'en finis par oublier l'épisode.
Jusqu'à ce vendredi de début Juillet, où, entendant frapper à la porte de mon bureau, j'indiquai à l'importun avec l'amabilité qui me caractérise d'entrer, et que j'entendis dans ma tête la voix des anges en voyant la frimousse de l'un d'eux apparaître! Echange cordial, toujours ces mêmes regards, et là, je ne sais pas ce qui m'a pris, toujours est il que je m'entendis dire "Tu fais quoi ce soir?". Surpris moi même par ma propre audace, je le fus encore plus de sa réponse: "Ben rien, et toi?". Quoi??? Un mec pareil libre d'engagements un vendredi soir? Ben croyez moi qu'il ne le fut pas longtemps!
Rendez vous pris, je devais voir un film avec un pote, mais après cela, Q serait mien pour la soirée! Et mien fut il! Nous nous retrouvâmes vers 20.30 au pied de la fontaine des innocents. Inutile bien sur de dire que j'avais pendant toute l'après midi craint de recevoir un texto "Jpeux pas j'ai piscine, ma mère à la rougeole, je passe sous un tunnel, bla bla bla..." Mais que Nenni, le seul message que je reçus fut "Désolé je suis à l'Etoile, je me dépêche"... suivi en effet peu de temps après du jeune homme tout en sueur (miaaaaaaaaam) arrivant en courant de peur d'être en retard. Ma mégalomanie naturelle ne me poussa même pas a me dire que peut être j'étais la source de tant d'empressement. Ceci dit, je te serais reconnaissant de me laisser à mon rêve intact et de ne pas le piétiner de tes talons, d'avance merci!
Banalités d'usage, puis on commença à se balader, parce que merde, on n'a pas l'age de regarder Derrick, on va pas dîner à 20.30!!!!
Nos pas nous menèrent dans la cour du Louvre, où l'on s'installa pour discuter. Bon je sais je me répète, mais ce mec est beau. Pas mignon, pas Craquant, BEAU. Le reflet du coucher de soleil sur sa peau dorée (1 semaine à Barcelone), dans ses yeux bruns - verts. de ses vacances, nous en vînmes à parler des miennes, passées et futures, dont Rio, dont je lui montrai les photos sur mon Pod. C'est là que j'ai commencé à me dire « Nikko, BoGosse -C'est MES pensées, et je vous emmerde- il y a baleine sous gravillon là ». En effet, je tenais mon Pod d'une main et faisais défiler les photos de l'autre. quand soudain, je sentis une autre main venir couvrir celle qui portait le Pod, sans doutes afin d'assurer la non-chute de l'appareil, intention louable s'il en est. Mais cette main là prenait tout de même bien la mienne, et la collait de bien près pour quelqu'un ayant à coeur la seule protection des Oeuvres du Sieur Jobbs! Et je ne sais pas, intuition ou prise de désirs pour des réalités, entre deux attaques de tachycardie, je le sentais aussi fébrile que moi... Bref. là on a commencé à parler, plus personnellement, de nos Tafs, de nos vies. Ma perversion infâââme étant de notoriété publique à mon taf, point ne fut besoin de mettre les choses au point quant à ce détail. Aussi parlai-je librement des mes Ex, et lui de « son ex ». Qu'il m'a décrit comme étant «La personne » qui a partagé sa vie. Et étant "Quelqu'un" de formidable. Sémantique bien connue pour sa haute teneur en "je me mouille pas quand je raconte ma vie c'est asexué" chère aux habitants de placard que nous sommes. En tout cas, MOI j'ai toujours préféré ça au fait de m'inventer une copine, ou de féminiser le nom de mon mec. Le summum de l'ambiguité ayant été atteint quand il parlait du cabinet ou il allait travailler, de son rythme de fous, du fait que même les avocats qui avaient une vie privée ne devaient pas beaucoup en profiter, ni voir leur conjoint.
Soyons honnêtes, même dans la génération de Mamina et sans manquer du respect dû à ses blancs cheveux, on ne parle plus comme ça. Que celui ou celle d'entre vous qui a des amis hétéros et qui les a entendu dire "mon collègue et son conjoint" me jettent le premier code civil.
Nous avons sur ce été dîner, j'ai choisi le restau, un charmant petit endroit à bastille, non loin du quai de l'Arsenal, intime à souhaits, et je dois dire que nos pupilles ont au moins autant mangé que nos estomacs durant le repas. Rendons à Jules ce qui est à lui même, il m'a quand même parlé d'une fille qui lui plaisait peut être, mais qui partait à New York pour un an dans quelques semaines. Une fille rencontrée au Kick Boxing, et qui, selon se dires, si elle ne devenait pas sa copine à distance, serait UN super pote.
Soit!
Aimer platoniquement une fille Butch (On n'est pas pote avec une fille quand on est hétéro. on l'aime ou on la tire, point barre. Il n'y a que nous pour parler chiffons), et assez Masculine (le jour où des ballerines feront du kick Boxing on en reparlera), on lui dit que c'est encore plus connoté que fredonner Mylène en se dandinant?? Tiens y a comme un gout de mauvaise foi, dans les paroles de Nikkolas, dirait Mélanie D. Ah oui, il ne veut ni se marier, ni avoir des enfants, non plus.

Bougie, ambiance cosy, très agréable dîner savouré que je lui ai offert avec plaisir, et qu'il veut absolument me rendre, ce que j'acceptai avec encore plus de plaisir, les confidences se firent plus aisément.
-A ce propos, j'enfonce un peu le clou. Que ceux qui connaissent un hétéro qui dîne aux chandelles avec un autre mec assumé homo, et en redemande, ceci en plus de tout le reste, que ceux là me jettent le premier sucrier-.
Le coup de grace fut porté devant un verre, plus tard, quand il m'avoua avoir déjà été troublé par un garçon (on se croirait chez la Dumas), trouble réciproque ayant occasionné d'intenses moments de tendresse. Et, texto, "se demander ce que ca aurait donné s'il était sorti avec" ...

Je ne vois pas de sucrier voler, c'est normal?

Nous nous sommes quittés à 4.30 du matin, place de la concorde, à grands renforts de bises chaleureuses, 2 sur 4 n'ayant pas été irréprochablement placées par votre serviteur, touchant plus le coin de lèvres que le gras de la joue. J'avais complètement oublié que j'avais mis mon livre (Les liaisons dangereuses) dans son sac, pour avoir les mains libres pour regarder les photos de Rio, et donc j'ai complètement oublié (et honnêtement, je le jure sur la tête de la minimeuf) de le récupérer. Acte Manqué, quand tu nous tiens!
En tout cas, depuis je recois des textos ponctués de "A bientot j'espere..... bisous...." Soooo straight, isn't it???

Bref, ne te méprends pas à la lecture de ces lignes, loin de moi l'idée de vivre dans un monde merveilleux où tous les rêves deviennent réalité, je sais bien que pour le moment le seul fait avéré et concret est que le charmant jeune homme bouffe de la moule à lévres rabattues, et ce jusqu'à preuve du contraire, mais je voulais simplement parler de lui. En parler lui donne plus de consistance. Parler de Lui me donne l'impression de le rapprocher. Parler de Lui est agréable.
Si tu te sens l'ame généreuse et compatissante, va donc allumer un cierge ou deux à Notre Dame, et prie pour le retour de vénus dans la Maison du Scorpion de Nikko. Où égorge un poulet pour provoquer le retour de l'être cher, comme le dit Mamadou Traoré, volailler marabout barbessien de son état. Je te remercie à l'avance de tes prières, et de leur potentielle efficacité

En vous r'merciant Bonsoir....

commentaires

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.

 

eXTReMe Tracker