29/11/2007

29/11/07 - 20:50

Où le Narrateur ne peut pas s'empêcher de marcher sur les plates bandes de Mr Népomucène, et cite à tout va.....



"Être à la tête du PS, ça poque la loose..."




Roselyne Bachelot, qui vient de se souvenir que son ministère, c'était JEUNESSE et sports.

Le mimétisme a ses limites....

29/11/07 - 20:11

Où le Narrateur, bien qu'il ait conscience qu'un tel étalage de sentiment nuise considérablement à son image d'être cynique et désabusé, persiste à raconter sa non-histoire, avec supplément de guimauve rosâtre en topping.



« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » a dit le prophète -ou alors était-ce « Tiens salut comment vas tu yau de poêle », le prophète est taquin-, toujours est il que Nikko n'est pas homme à aller à l'encontre des préceptes de la foi.
Et puis des fois qu'il me reste une chance de ne pas rôtir sur les berges du Styx, on ne sait jamais . J'écrirai ton nom, Collabo!

Cent fois, donc.
Je te vois d'ici frémir, Ami Lecteur, mais point n'est besoin de faire ainsi trembloter ton collagène, je n'irai pas jusque là, je suis quelqu'un de Lucide et qui sait reconnaître quand la partie est perdue...
Si malgré toutes mes attentions, il n'est toujours pas tombé éperdument amoureux de mÔa avant le retour du printemps, s'il ne m'a pas supplié de le laisser passer sa vie à mes côtés en menaçant de s'immoler si je refuse avant Noël, si demain je n'ai pas son coeur à mes pieds, je réagirai en adulte, je garderai la tête haute et je ferai ce qui s'impose.... Je le violerai.

Mais avant d'en arriver à ces coupables (mais un peu bandantes quand même quand on connaît le cher ange) extrémités, assieds toi au coin du feu, et laisse moi te conter la suite rien moins qu'exaltante de ces aventures pathétiques au cours desquelles je persiste à m'enfoncer dans un bourbier sentimentaliste propre à faire passer « Roméo et Juliette » pour la référence suprême du Happy Ending...

Je te laissai donc cette fois ci sur une note amère, au sortir d'une soirée à l'issue si calamiteuse qu'on eut pu la croire fustigée par une colère Divine, telle la Tour de Babel, mais sans les métèques.

Soirée après laquelle, en homme fier et digne que je suis, je décidai d'exercer un droit de retrait -et de retraite- nécessaire à la sauvegarde de ce moral d'acier qui fait ma réputation dans les dîners courus. C'est donc avec une volonté d'airain que je décrétai que je ferai désormais le mort, je m'isolerai pour panser les blessures de mon coeur meurtri, je m'éloignerai pour pleurer cet amour avec toi le frère que je n'ai jamais eu, a qui la fauuuuuuuteuh, pas-a-mon-père-pas-à-ma-mère....
Je resterai inflexible, je ne lui écrirai plus jamais, je vais tourner la page.

C'est donc tout naturellement qu'une semaine plus tard (je vous emmerde), j'envoyai un texto expliquant les raisons de mon silence soudain, avec la pudeur qui honore les grandes détresses.
Bon, autant vous le dire tout de suite, il n'a pas crié, supplié, réclamé, n'a pas blêmi devant cette absence annoncée après ces maints (euuh bon d'accord, deux) rendez vous qui nous avaient tant habitués l'un à l'autre, mais apparemment donc l'un plus que l'autre.

« Ok, pas de problèmes, prends ton temps.... bises ».

Non mais oh, ça t'arracherait la chatte de faire un peu semblant d'en être attristé??!!


A moins que....Mais oui, bien sur.... ce ne peut être que ça. Le cher Ange est fou de douleur mais ne veut pas m'embarrasser avec ses émotions.
Je le vois, pâle, défaillant devant l'écran de son téléphone, sentant un bloc de glace enserrer son petit coeur, et une froideur stérile parcourir ses veines. Je le vois, pensant déjà au suicide, je ressens sa détresse devant le vide qui s'étale à ses pieds, mais je ne peux pas le laisser ainsi, que faire, que faire, Seigneur, éclaire moi!!!!

« Non mais tu crois pas que J'ai autre chose à branler non? tu crois réellement que tu es le seul à m'implorer? Alors t'est gentil, tu prends un ticket comme tout le monde, tu t'assois derrière les moines Birmans, tu lis Gala et tu attends ton tour, ou tu vas voir ailleurs si J'y suis!! »

Eh bien soit, livré à moi même, je ne peux me résoudre à causer un tel trouble chez mon prochain, je ne suis qu'abnégation, don de moi, je passerai outre ma douleur, je resterai présent, petit Q, n'aie crainte.

Et du coup nous repartîmes dans la valse des textos, enfin de MES textos et de ses réponses.

Et puis ça dura jusqu'à l'approche de Noël, finalement il me proposa à nouveau d'aller prendre un café un de ces quatre.
J'en profite pour souligner le fait que certes, c'est toujours moi qui écris, mais pour le coup, en tout cas, c'est toujours lui qui invite.
Peut être est-ce pour me voler mon portable, et effacer son numéro de mon répertoire, ceci dit.
M'en fous j'ai son mail.

Sitôt ces émouvantes retrouvailles planifiées, je me mis en quête d'un présent à amener lors de ce charmant goûter que nous devions faire. Ben quoi, c'est toujours très impoli d'arriver les mains vides, m'a enseigné la Reine Mère. Et si pourri soit il jusqu'à la moelle, jamais l'enfant Nikko ne couvrira de honte le front géniteur.

Je passais depuis quelques jours devant une pub pour un coffret Almodovar, en prenant le RER à Rueil pour rentrer après ma dure journée de participation à la construction du grand Capital Accronien, et c'est ainsi que me revint en mémoire une remarque qu'il avait faîte au sortir du « Labyrinthe de Pan » (Film de merde), disant que en tout cas ça lui avait fait plaisir de revoir un film en espagnol, ça faisait longtemps, ça lui avait manqué.

Tu t'en doutes, il ne m'en fallut pas plus pour filer tout droit au magasin de la vierge le plus proche, et ainsi faire l'acquisition de cette perle de la culture Ibère post franquiste. Las, d'autres que moi avaient eu cette idée avant, et de Pédro, point ne restait. Puis déambulant comme une âme en peine ( ou en panne de cadeaux en tout cas) le long des rayons enguirlandés, o surprise, me voilà face à un coffret reprenant l'intégrale d'Alejandro Aménabar.

Avant que tu ne files sur Wikipédia, laisse moi éclairer ta lanterne, Ami Lecteur, et te conter la vie de l'Artiste.
Alejandro Aménabar est un réalisateur espagnol, connu de toute la gent sodomite depuis «Les Autres» parce qu'y avait Nicole -«elleestbeeeleuuuh»- Kidman dedans, mais qui avait quand même eu une vie avant, et pas une vie moche en plus. "Tésis", et le plus connu "Abre los Ojos" sont deux perles que je te conseille vivement d'exposer à tes jolies mirettes, par contre tu pourras zapper sans remords Vanilla Sky, bouse immonde et reprise raté de "Abre....", qui prouve une fois de plus s'il en est besoin que Tom Cruise producteur, ben c'est comme la drogue. C'est de la merde.
Enfin je suis un peu malhonnête (mais depuis quand est ce un scoop), ce coffret ne reprenait pas entièrement l'intégrale d'Aménabar, puisqu'il y manquait le très émouvant « Mar Adentro ».
Sitôt remarqué, sitôt acheté, et l'agonie paralytique de Javier Bardem finit sa course avec ses petits copains, à la caisse.

Cadeau en main, me voici filant tout droit à la papeterie la plus proche aussi, pour y trouver un papier cadeau sobre et élégant, sans rennes ou autres petits lutins imprimés, ainsi qu'une carte accompagnant le tout -lorsque je trouvai une vue de la cour carrée, je dis que c'était là un signe-, et enfin un stylo neuf, afin de couvrir ladite carte de mon écriture harmonieuse et veloutée.

La veille du jour dit, alors que je me faisais une joie de le revoir (mais uniquement pour lui, hein, pour ne pas le plonger dans la détresse en disparaissant de sa vie, parce que moi vous savez, je serais resté dans l'ombre, loin, et j'aurais souffert en silence, mais qui suis-je pour faire passer mon bien être avant le bonheur d'une créature de Dieu); une joie, donc, et lorsque je le relançai, inquiet de ne pas avoir plus de détails sur le « Où et Quand » du rendez vous, je reçus un message me disant qu ' « il ne se sentait pas très bien, et préférait rester au chaud, et me demandait si cela ne me gênait pas de remettre cela à mon retour de chez la Reine Mère où je descendais passer les fêtes.
Soit, répondis-je, prends soin de toi, ne t'en fais pas ce n'est pas grave. Mais je dois avouer que les paquets que je portais pesèrent soudain un tout petit peu plus lourd au bout de mon bras.
Je ne saurais dire pourquoi -et une fois n'est pas coutume, je parle là sérieusement- mais j'ai soudain eu le pressentiment que son coup de pompe ne tenait que du moral et non malgré les apparences du physique, ou du petit coup de froid. Je ne sais pas pourquoi, mais j'en étais sur. Cela dit, opportunisme quand tu nous tiens, j'en profitais veulement pour asseoir un peu plus mon image de mec gentil et concerné au moyens de divers textos, m'enquérant de son état, ou alors lui souhaitant d'aller mieux très vite.

Certains esprits chagrins diront que loin de moi tout altruisme, et que je ne souhaitais ce rapide rétablissement que pour avoir l'occasion de le revoir plus vite A ceux là je répondrai: « Oui, et alors?? »

Je vous passe également -car est il besoin de le préciser- LE texto du 31 au soir, puis 2007 se leva sur une reprise que l'on pourra qualifier de régulière de cette sympathique correspondance, et j'oserai même dire qu'elle avait une certaine tendance à se réchauffer un peu.

Le temps que nous ne réussissions à trouver un créneau pour nous voir, j'étais re-devenu « adorable » quand je lui souhaitais « de beaux rêves », et que je lui disais que « je t'embrasse, je pense à toi ».

« Elle est bonne, mais on la refait », eut pu dire le Grand Cinéaste de la Vie.

Puis vint finalement un jour, vers la fin du mois de Janvier, où nous finîmes enfin par trouver un créneau, et nous donner rendez vous vers Auber, car j'avais repéré un café très sympa, et toujours original, dans lequel l'emmener.
Et c'est là, sacoche en main, que je profitai d'un rapide moment pendant lequel il s'absenta, pour déposer en vitesse devant lui mon paquet (les rieurs sont des mal élevés), et la carte, et reprendre rapidement ma place comme si de rien n'était, pour le voir revenir, et voir son visage s'éclairer de la joie de l'enfant qui se lève au matin de Noël.
Mais voilà... Il y eut un Mais. Non pas au niveau de la joie, car Joie il y eut, bien sur, mais au niveau de mÔa, et de ma légendaire timidité. Parce que du coup je n'osai pas le regarder quand il découvrit le tout, sans doutes autant par timidité que de peur de voir plus de malaise que de joie dans ce regard, ce qui -une fois la tête froide je le réalise- eut quand même été justifié, reconnaissons le.
Je fus encore une fois qualifié d' « adorable », et il était tout gêné de n'avoir, lui, rien à m'offrir. Ce que, et vous suivrez bien mon raisonnement j'en suis sur, je préférai. Parce que sinon, ça aurait quand même encore plus brouillé la situation, car ça aurait signifié que la baleine était toujours sous le gravillon. Seul l'amour avait motivé cette débauche de présents de ma part, mais lui, quelle aurait été son excuse s'il avait eu la même attention, vu que nous n'étions pas des amis de longue date ou intimes.

C'était le jour du lancement de Vista, je m'en souviens, car j'avais entendu le matin même à la radio qu'un feu d'artifice était prévu devant la grande Arche pour célébrer l'événement. Et que bien sur, j'avais dès lors décidé que je l'y emmènerai, émoustillé par l'idée d' y assister à ses cotés, emmitouflés côte à côte dans le froid.

Je lui souris donc énigmatiquement lorsqu'il me demanda ce que j'avais prévu pour la suite (il avait apparemment facilement pris le pli de me considérer comme l'organisateur des programmes de nos entrevues, ce qui ne me gênait pas puisque j'adorais ça.) et le traînai dans le RER A.

Arrivé là bas nous, devant la grande Arche, et capitulant devant ses questions répétées (alleeeez, dis le moiiii, on va faire quoiiiii?), je lui dévoilai mon idée, ce à quoi il me répondit « En tout cas toi, ya un truc qu'on peut pas te retirer, t'as toujours une idée originale, t'es toujours sur les bons coups »
(sauf que ce bon coup là, je ne pouvais pas être dessus. Enfin, bon coup, j'espère...)

Hélas, nous y apprîmes que le feu ne débuterait qu'à 21h00, ce qui nous faisait trop tard à tous les deux, puis après que j'aie décliné sa proposition d'aller se poser un moment au Starbucks attenant, nous reprîmes le chemin de la station de RER, afin de rentrer chacun chez soi. Il voulait rentrer en bus, aussi quand nous passâmes devant l'accès du métro que j'avais dans l'idée de prendre, je décidai de finalement prendre un bus moi aussi (pas le même forcément puisque nous allions dans des directions opposées -là aussi-), mais comme ça je l'accompagnerai jusqu'à son bus avant d'aller prendre le mien. « Je ne veux pas te retarder, tu sais » me dit il.
A ces mots, une toute petite ampoule s'est allumée au fin fond de ma masse cérébrale, et comme lors de son coup de pompe de Noël, j'eus la certitude que je ne le reverrais plus après cela. Encore une fois je ne peux pas dire pourquoi, j'en étais sur, c'est tout.
Le cadeau avait peut être été l'attention de trop...

Et puis au final, ben j'ai eu raison....

Son anniversaire tombait la semaine suivante je lui envoyai un texto, qui resta lettre morte un jour, une semaine, un mois....

* * *

Il semblerait que je j'aie enfin fini ici de te soûler avec tout ce sirupeux récit à épisode qui je l'espère t'aura quand même un peu plu.
Tu es en tout cas bien urbain de l'avoir lu de bout en bout.
Sois en sur, Dieu te le rendra, après avoir fini avec les moines Birmans, tu n'as qu'à prendre Gala en attendant....

En vous r'merciant bonsoir.

Ps je dois spécifier que je ne suis pas tout à fait honnête sur la fin.
Nous avons récemment repris contact.
Et évidemment, devine qui a écrit en premier...

Mais nous devons aller bientôt prendre un café...
Et là, devine qui a invité en premier??? :o)

Elle est bonne, mais on la refait!!!!

25/11/2007

25/11/07 - 23:18

Où le Narrateur, s'identifiant ainsi à une Tête couronnée d'outre Manche qui eût été plus inspirée de prendre le Noctambus; rencontre dans le comportement incohérent de l'Être Aimé son 13ème pilier personnel



Lors du deuxième épisode de mes moyennement trépidantes aventures, je finissais sur une note extatique, faisant elle même suite à une soirée non moins extatique au cours de laquelle le jeune Prodige de beauté que nous appellerons Q avait persévéré dans son entreprise hélas inconsciente d'appropriation de la moindre fibre musculaire du gros amas de chair que l'on peut trouver sous le gras de mon pectoral gauche en cherchant bien.

Je préciserai simplement afin de re-situer l'action que l'épisode que je m'apprête ici à narrer devant tes yeux embués de larmes par l'émotion et la couleur de ces pages naquit vécut puis expira il y a plus d'un an, et reste par conséquent largement antérieur à l'anecdote Onirique que j'eus l'immense joie de te faire partager pas plus tard qu'il y a une semaine.

Ohh, ça va hein. On a bien encensé Schubert et sa « Symphonie inachevée », on ne va pas me chier une pendule pour ma « Non Histoire un poil emmêlée ».
Manquerait plus qu'on me respecte moins qu'un vague compositeur plus poudré qu'un nez de Mannequin Londonien, et perruqué comme une travailleuse du Bois.

Et puis après tout, puisque visiblement la vacuité pathétique de ma vie t'intéresse tant, c'est que la vacuité pathologique de la tienne peut bien te laisser le temps de te replonger "LÀ"
dans la genèse de l'Histoire ici narrée, et de constater "ICI"
l'encourageante tournure que les événements avaient pris.

Je profite du temps nécessaire à ta relecture pour aller faire caca.

* * *

Te voilà donc de retour tout imprégné de mon vécu (N'aie crainte mon Vécu part très bien à 40 ° sans prélavage), et convenablement armé pour te faire une opinion à la fin du présent récit.

Je laissai donc comme tu viens de le lire le Jeune Ephèbe aux bons soins d'un chauffeur de taxi au sortir d'une soirée que je pourrais sans la moindre vergogne qualifier de paradisiaque. Et j'ose affirmer qu'il en allait de même pour la deuxième partie des forces en présence, puisque comme je l'expliquai, il me le notifia par Texto avant même que n'aient eu le temps de s'écouler les 3 minutes nécessaires pour regagner mon Domus adoré.
Eussions nous parlé de rapport charnel, un tel empressement friserait l'éjaculation précoce, mais bon moi je dis ça je dis rien.

Je reçus d'ailleurs dès le Lundi Matin, et pour la première fois à son initiative, un sympathique Texto me souhaitant bon courage, et soulignant non sans humour que le Week end n'était que dans 5 jours.
La «peut-être y a t il ici une » perche tendue n'a pas échappé à l'Oeil avisé de Nikko (et non pas aviné, en tout cas pas là), et je bondis sur l'occasion pour lui répondre que, tiens d'ailleurs, en parlant de Week end, peut être voulait il faire quelque chose à l'occasion de celui qui se présentait.
L'empressement de la réponse - 2 minutes - me conforta dans mon idée qu'il y avait avec ce Texto baleine sous gravillon, Lui dont le temps de réaction avoisinait habituellement les 24 heures, voire 48 les jours d'intense occupation.
Réponse, est il besoin de le souligner, affirmative et enthousiaste.

Je fais ici une petite parenthèse afin de spécifier que j'avais eu l'intention -dès que j'ai eu celle de l'écrire il y a un moment - d'illustrer ce récit avec les Textos authentiques (que j'avais sauvegardé précieusement), mais que c'était sans compter la malveillance de l'un de mes anciens réceptionnistes qui, un jour que j'oubliai sur mon bureau mon téléphone portable avant d'aller déjeuner, les effaça tous, et ce sans autre raison que notre inimitié profonde et réciproque, et une connerie sans fond mâtinée de méchanceté gratuite.
Tu devras donc te contenter de retranscriptions de mémoire qui, j'y mets un point d'honneur, respecteront le sens si elles ne respectent pas tout à fait le texte, quoique que je me souvienne encore parfaitement de certains d'entre eux.
Je sais c'est sordide. .

Voici donc un aperçu de l'échange concerné:

Lui:« Tu dois avoir repris le Boulot, allez courage, plus que 5 jours avant le Week End. Gros bisous »

Il va sans dire que j'arborai dès la lecture -discrète, je travaillais- un sourire grand à m'en détendre les ligaments maxillaires, ce qui piqua un peu au vif le touriste américain qui venait de m'informer que sa nuit passée dans notre hôtel n'avait pas été idyllique en raison d'une clim trop bruyante.
Je lui répondis aussitôt (Au gros Ricain, pas à Q), mais son humeur ne s'améliora pas, et je dois dire à sa décharge que je le comprends aisément, car même si ma bouche disait que j'étais « Deeply sorry, Sir», mon visage lui, communiquait plutôt « I want to thank the academy... ».
Dès épuisement de ma file d'attente, je filai tapoter ma réponse de mes doigts boudinés:

Nikko: « Pffff Si c'est pour remuer le couteau dans la plaie, économise ton forfait. Et en parlant de Week end, veux tu faire quelque chose de celui ci entre deux sessions d'esclavagisme notarial? »

Lui: « Avec plaisir, tu veux quoi? Ciné? Sport? Restau? Décide, c'est toi le Boss »

Je souligne ici que CE texto fait partie de ceux dont je me souviens parfaitement, et que le texte livré ici est original. Et je laisse à ton appréciation Ami Lecteur, le bien fondé ou non du caractère enflammé dont je fis preuve par la suite, et qui me conduit aujourd'hui encore à dire qu'il n'aurait pas manqué grand chose.

Nikko: « Ah ben si je décide, je dis les 3. Donne moi juste tes contraintes horaires, et je te prépare un programme pour samedi soir qui va te mettre des étoiles dans les yeux »
Phrase un peu connotée, je me suis dit que j'allais peut être me faire remettre à ma place, en tout cas le mettre mal à l'aise

Lui: « Pas de contrainte spéciale. Déjà une idée? »
Tiens, ben non alors....

Nikko: « Pas encore, mais je récapitule: J'ai carte blanche pour samedi aprèm et soirée, menu garanti sans brocoli ou choux de Bruxelles, et dans un restau qui soit encore plus beau que celui de la dernière fois. C'est bien ça? »

Lui: « C 'est pas des étoiles que je vais avoir dans les yeux, là, c'est une galaxie ».

Là je le demande, qui n'aurait pas loupé un battement de coeur en recevant cette réponse, réponse qui, on pourra aisément le comprendre fait partie de celles qui m'ont suffisamment marqué pour que je m'en souvienne par coeur?
Qui n'aurait pas (un peu au moins) perdu le sens des réalités et laissé courir son imagination, bride sur le cou?
Qui n'aurait pas un tant soit peu perdu de vue qu'à priori et quoi qu'on en pense ce garçon est hétérosexuel, et par conséquent une cause perdue?
Qui osera me dire les yeux dans les yeux que j'ai eu entièrement tort de m'emporter, et que si ce dialogue s'était tenu entre deux personne sexuellement compatibles, il n'aurait pas été qualifié de flirt sans la moindre équivoque?

Mais sur le moment, ça n'était pas ma préoccupation première, puisque son ambiguïté, même inconsciente, était déjà pour moi un fait acquis que ce soit à tort ou à raison.

Non, ma préoccupation à moi,ce qui a dès lors occupé mes quelques neurones valides a été de me mettre en chasse du meilleur programme possible, de chercher dans mes souvenirs le restau le plus intimiste, cosy, lounge,ou romantique que j'aie pu connaître, de chercher dans Pariscope un film qui ne serait rien d'autre qu'un chef d'oeuvre, de chercher LA petite idée qui ferait la différence, en bref de me comporter comme n'importe quel garçon amoureux qui veut faire briller de plaisir les yeux de l'objet de son affection..

Je passai donc toutes les soirées de ma semaine jusqu'à pas d'heures à chercher sur le net un restau qui conviendrait, qui ne serait évidemment ni « Les Associés » ni, le « Pub St GERMAIN », mais qui en serait la suite logique, à éplucher tout ce que le net compte comme site de critiques de restaus parisiens, à désespérer de trouver un restau qui soit ce que je veux ET bien noté.
Le choix final fut en fait un endroit que j'avais découvert en arrivant sur Paris avec Alex (Stoooooop on se calme on ne hurle pas, je n'ai pas commis l'affront de me resservir pour un rencart amoureux du lieu découvert lors d'un précédent rencart amoureux, on y était allés avec sa mère), et qui en fait correspondait en tous points à ce que je voulais.
Ceux qui connaissent sauront exactement de quoi je parle en disant follement original, intimiste, cosy, lounge et romantique. Et délicieux.

Du moins l'était ce dans mon souvenir.

Mais voilà, autre dilemme. Il ne restait déjà que deux jours, et tout ce que j'avais trouvé c'était un restau dont je n'étais même pas sur qu'il soit encore bon, j'étais nul, j'étais même pas digne d'organiser un anniversaire chez Mc Do, il allait me détester, je ne le méritais pas, et j'allais partir très loin, et vous ne me reverrez jamais, et vous me regretterez bien, et ça sera bien fait.

Je m 'égare.

« Aléa Jacta est » comme on dit quand on a de la culture, ou « Que le cul nous pèle » comme on dit quand on en a moins, tant pis, je reste sur ce choix on verra bien.

Encore la soirée suivante (celle de Jeudi) à éplucher ALLOCINÉ, pour trouver LE film et c'est soulagé et fébrile en même temps que je bouclai l'ossature de mon programme.
Je pouvais dès lors me creuser la tête pour les finitions, les petits détails qui feraient la différence, les petits rajouts qui l'émerveilleraient, les trucs que l'on ne peut trouver que dans une répugnante guimauve hollywoodienne à la Nuits Blanches à Seattle.

Et ça tombe bien j'adorais ça.
Euuh me creuser la tête, hein, pas Nuits blanches à machin-truc.... J'ai du goût je vous rappelle.

Vendredi Matin, je préparai mon texto dans le RER en allant au taf, texto qui disait en substance:

« Programme bouclé, j'ai le film, le restau, deux trois petites idées entre temps qui j'espère te plairont, sois à UGC les halles à 15h00, tu m'y trouveras avec ta place et mon plus beau sourire ».

Je luttai pour ne pas envoyer le tout tout de suite, car il n'était quand même que 6h30 ( oui je fais partie de la France qui se lève tôt, chère au président de Loracle), et tint jusqu'à 10h00 du matin, heure à laquelle je lançais ma bouteille dans l'océan de la 3G de chez ésséfère.
Puis attendis la réponse....

Attendis....


Attendis...



Attendis....



L'on comprendra donc aisément que je frolai l'attaque cardiaque en sentant enfin vibrer dans ma poche, vers 16 heures... Et fébrile, je regardai, pour voir que ce n'était que Paolo, un ami cher parti vivre avec sa chère vieille moitié au Portugal il y a un peu moins de deux ans. Je dis « que » Paolo, mais j'étais tout de même ravi d'avoir de ses nouvelles, et nous décidâmes d'aller dîner ensemble le soir même.
Le fait d'avoir quelqu'un avec qui parler m'a un peu changé de mon quotidien qui était depuis le Lundi de ne faire que penser à Q. je n'ai pas pensé à lui ce soir là. J'ai parlé de Lui.
Je relatai l'ensemble de l'Affaire à Paolo, les éléments, les détails, heureux d'avoir enfin une oreille compatissante et objective. Tellement objective d'ailleurs que sa première réponse fut « Mais dans quoi t'as encore été te fourrer, pauvre conne! ». Objectif, je vous dis
Mais bon quand je martelais mon point de vue, relatant les commentaires appréciateurs du bel Ephèbe sur mon goût vestimentaire, ou le galbe de mes pectoraux, il finit par se ranger à mon avis, reconnaissant que « Non mais là c'est vrai, on peut dire qu'il te drague ».

J'en avais presque oublié ce que j'attendais, d'ailleurs, quand mon téléphone vibra à nouveau, me délivrant, cette fois du destinataire attendu, le message suivant:

Lui: « Ton programme a enchanté ma journée. J'ai du avoir l'air con avec ce grand sourire béat au milieu de mes dossiers toute la journée. J'ai hâte d'être à demain ».

Peut on m'en vouloir de m'être dit « demain je ne suis plus célibataire, et je serai avec le plus joli garçon de la Terre! »?
Même le maître de cynisme que peut être Paolo dut en convenir: Ce n'était pas là les paroles de quelqu'un dont le seul sentiment était une amitié virile et couillue comme l'on peut en rencontrer chez les tourneurs fraiseurs, ou chez les militaires quand ils ne sont pas de JNRC.

Je crois me rappeler que mon sommeil fut plus que léger cette nuit là, et que j'étais debout et fringant dès 05h30 -un samedi rappelons le- sans le moindre espoir ni la moindre envie de me rendormir. je devais déjeuner chez ma Grand mère paternelle ce midi là, mais aussi grand son amour pour Nikko soit il, la chère ancêtre eut vu d'un mauvais oeil le débarquement d'une descendance passablement excitée dans ses appartements dès potron minet.
Je décidai donc de m'occuper, et m'attelai au visionnage de l'épisode 7 de la saison 3 de Desperate. Oui celui de la prise d'otages dans le supermarché, oui.
Génial de commencer ce qui devrait être la plus belle journée de sa vie en chialant.

Mais il fut vite 14h30, et j'étais enfin au ciné, sur le pied de guerre, à chercher la collègue que Bastian avait mandatée pour me sortir une éxo (Comprendre une place gratuite) pour la séance de 15h30 du « Labyrinthe de Pan ».
J'avais eu l'audace de penser qu'il serait plus original et attentionné de l'attendre avec une place offerte, que de faire la queue avec lui pour que nous utilisions nos cartes illimité.
Que ça cadrerait plus avec le coté « spécial » de l'occasion.

Bon déjà ça partait mal, la jeune fille en question était introuvable, et nous dûmes au final aller faire la queue. J'aurais dû sentir, là, que ça merdait.

Après les récents échanges de textos, et plus particulièrement son dernier de la veille au soir, je prédisais une séance de cinéma digne d'un premier rendez vous de collégiens, avec effleurage timide de main sur l'accoudoir, petits regards et emmélage digital enamouré de rigueur.
ON peut le comprendre, non?

Ben j'ai pu me brosser, Martine. Rien, que dalle, peau de zob, nada, wallou!

Je ne comprenais pas.
Friand d'images et de symboles, je m' étais imaginé cette soirée comme un train sur des rails, filant droit, lancé et ne suivant qu'une route et une seule...
Bon ben mon train avait du partir pendant les grèves, parce que je pense qu'en pousse pousse j'aurais été plus sûrement à bon port. J'étais complètement perdu. Comment quelque chose qui s'annonçait si bien pouvait se révéler si calamiteux?? Je veux bien admettre que je m'étais sans doutes chauffé tout seul, mais j'y avais été aidé, je le maintiens et je n'en démordrais pas.
Ceci -et je m'en excuse encore Yvain, mais je persiste- a sans doutes contribué au fait que pour moi, Le Labyrinthe fut un film de merde, dénué de tout intérêt, et impénétrable (comme quoi c'était la soirée).
Las, je me consolai en disant que je n'avais pas encore sorti l'artillerie lourde, et qu'il ne pouvait pas résister à ma prochaine attaque.
Nous sortîmes à 18h30 du ciné, et à 18h30, en novembre il fait nuit.
Et près du quartier des halles se trouve un endroit, qui, la nuit justement, devient le plus bel endroit de Paris. Oui, toi qui connaît cet endroit, tu me vois venir. Lorsqu'il me demanda ce que l'on faisait ensuite, je me contentai de lui répondre « t'occupe » en souriant, et lui dis de se contenter de me suivre.
Arrivé devant la station Louvre Rivoli, je me retournai vers lui, et lui demandai s'il me faisait confiance. Ce à quoi il répondit par l'affirmative, encore heureux, et je lui enjoignis alors de fermer les yeux. Ceci fait, je pris ses mains dans les miennes, et l'amenai doucement vers ma surprise. Pas à pas, ses mains dans les miennes, nous nous rapprochions de la cour Carrée, illuminée comme il se doit, magnifique, sans égal. Je l'arrétai quand nous fûmes au centre de la cour


Et, cerise sur le gâteau, AVEC son joueur de flûte traversière, dont la musique ricochait avec enchantement sur les vieilles pierres.
J'étais derrière lui, le menton posé sur son épaule, tenant toujours ses mains, et je lui chuchotai a l'oreille « vas y, ouvre... »
Le « wouahou » enfantin et émerveillé qu'il lâcha compensa alors tout ce qui avait pu merder jusque là (c'est à dire tout), et nous allâmes ensemble nous asseoir sur l'un des bancs du tour, admirant donc une cour quasi vide le froid aidant, et bercés par la mélodie du musicien.
Le genre de truc qui n'existe qu'au cinéma.
Sauf que dans ce genre de scène, au cinéma, il y a baiser, regards enfiévrés, tendresse, chaleur, Amour, quoi. Et que là il n'y avait que deux cons assis l'un a côté de l'autre, et dont l'un en plus d'être con était complètement désemparé, se répétant sans cesse « ça devrait pas se passer comme ça, ça devrait pas se passer comme ça... »
Je me serais insulté. J'étais assis, à côté du garçon que j'aimais, dans l'un des endroits les plus féeriques de Paris, je n'avais qu'à tendre le bras, le prendre par les épaules par la main, en levrette (Rayer la mention inutile), et je ne faisais rien. J'étais paralysé.
Un collégien eut été plus hardi.
ET dans un deuxième temps, c'est lui que j'aurais insulté, parce que si je ne faisais rien, c'est que je ne sentais rien venant de lui. Et après tout ce qu'il avait pu me dire, m'écrire, après ces regards des jours passés, je ne devais pas ne rien sentir venant de lui. ça n'était pas possible ça ne collait pas.

Mon masochisme ayant des limites, je proposai au bout d'un moment que l'on aille prendre un verre avant d'aller dîner, me disant en mon fort intérieur qu'un ou deux verres ne me feraient pas de mal, et aideraient peut être à museler cette timidité maladive, et qui sait, à reprendre le contrôle de cette soirée qui décidément se révélait une des plus calamiteuses que j'aie jamais passées.

Ah en effet, oui, après deux Long Island, j'étais passablement plus cool. Et lui sans doutes aussi, puisqu'il m'avait suivi.
Mais c'est pas pour autant que la situation se dégela.

Approchant du restau, (Le Réconfort, rue de Poitou, pour les initiés), je lui montrai les fenêtres et le décorum du lieu, et là il me regarda avec un air à tomber, me disant « mais tu fais aucune fausse note, tu as tout bon ce soir, c'est hallucinant ».
Bon, là normalement, c'est le signal, dans toute situation qui se respecte. Aidé par l'alcool, et ce que je pensais être une ouverture, je le regardai dans les yeux et approchai mon visage....

Pour le voir me tendre sa joue.....

Mais bordel de merde, ou est ce que ça a merdé??????
Bon ceci dit, j'embrassai sa joue quand même, ce qu'il sembla trouver tout naturel.
Je veux dire, pour re-situer dans une situation analogue, les quelques fois ou une fille a fait mine de vouloir m'embrasser, je m'empressais de lui dire que « Hola Flamboyant, retiens ta monture, on va se calmer, là », même si c'est que la joue. Mais dans le Q qui nous occupe, j'avais arrêté de chercher la logique

On a pris notre table, il a passé 10 minutes à s'extasier sur le lieu, me disant « c'est magnifique ton idée, merci merci », ce à quoi je répondais en pensée « ouais c'est ça 'en parlerai à mon Cheval », parce que là j'avais renoncé à comprendre, je voulais arrêter de chercher.
La conversation fut plate et convenue, allant d'un sujet à un autre, quand nous en vînmes à parler de Londres, où apparemment son frère vivait maintenant. Il comptait aller le voir, me dit il, un de ces quatre, et me dit que d'ailleurs si je voulais l'accompagner il adorerait y aller avec moi.

L'Écosse est sans doute un magnifique pays, mais la douche du même nom est loin d'être mon activité favorite, et je décidai là que j'avais atteint ma dose.

« Il est hors de question que je prenne autre chose qu'un taxi avec toi tant que l'on aura pas mis au point deux ou trois choses... »
Ainsi commença le monologue par lequel je vidai mon sac, lui expliquant ce qui me semblait à moi évident, puisqu'apparemment lui ne le comprenait pas.

Il a commencé sa défense en me disant « non je ne pense pas avoir fait quoi que ce soit pour t'encourager... Enfin je ne vois pas. »

Je dois cependant avouer que je déplore aujourd'hui d'avoir du m'imbiber à ce point pour oser sortir ce que j'avais sur le coeur, parce que du coup, ben je garde un souvenir assez vague et imprécis de la conversation qui a suivi, et qui pourtant apparemment fut riche en enseignements, puisque l'une des phrases que je me souviens l'entendre dire ne fut pas un rejet catégorique de l'amour contre nature, mais, je crois, «je ne suis pas prêt à me lancer dans une relation». Je suis furieux et frustré de ne pas me souvenir de cette conversation, c'est un peut comme quand le papy d'a coté au cinéma tousse pendant le film policier, et vous empêche d'entendre le nom de l'assassin...
Je me souviens juste que je n'ai rien pu avaler, qu'on a décidé de choper un taxi pour rentrer vers minuit (on est loin des conversations débridées jusqu'à 5h00 du mat des précédents rendez vous), et que de voir son visage se retourner dans le taxi, une fois encore, et me fixer jusqu'à ce qu'il disparaisse ne m'a pas cette fois rempli de joie, mais n'a fait qu'ajouter à l'incompréhension d'un tel fiasco...

Aussi surprenant cela soit il, ledit fiasco a quand même une suite que je te réserve pour plus tard....

En vous r'merciant bonsoir....

17/11/2007

17/11/07 - 19:37

Où le Narrateur prouve que la Reine Mère n'a point à rougir du sens de « Bien Recevoir » inculqué au fruit de ses entrailles qui est béni.

Aka:

Où le Narrateur prouve que l'Amour est un extraordinaire motivant domestique...


Le premier qui dit que le blond me va bien, je lui arrache la tête et je lui chie dans le cou.

« Mon dieu mais je n'aurai jamais le temps!! »
Ainsi apostrophai-je l'Eternel afin d'attirer sa divine attention sur le fait que nous étions déjà presque samedi midi, que l'appart n'était même pas encore reluisant d'huile de coude et de cire St Marc, que je n'avais même pas encore commencé mon ravalement à moi, et que le dîner aux chandelles du soir n'était pour le moment qu'une liste pour Auchan posée sur la table basse, elle même posée sur le rebord de la fenêtre afin de libérer la place pour passer l'aspirateur.

Taïaut, Taïaut, allons cirer les amis, attention il en reste un peu là, et sautons dans le bac à douche qui fleure encore bon la Javel, afin de soi même fleurer bon le Cadum à la protéine de coton, puis filons à Auchan acheter de quoi préparer le plus formidable des dîners d'amoureux.
Et les accessoires qui vont avec, cela va de soi.... Bougies, recharge de lavalampe, gel.. oups je m'égare...

Bref me voilà à vaquer au milieu des mères à marmots, ou des mémères à caddie, foule habituelle de cet honorable supermarché un samedi après midi. Et comme de bien entendu en pareil cas, trop « sur mon nuage » pour être énervé, occupé que j'étais à réfléchir à lui préparer le meilleur repas qui soit.... Bon, le dessert c'était tout trouvé, je n'avais pas oublié quand il m'avait avoué, l'oeil brillant de gourmandise -ou de reflet de bougie, c'est à voir-, qu'il adorait la crème brûlée.
C'est donc le premier élément qui finit sa course au fond du panier, avant de filer dans les autres rayons en essayant de me trouver des idées...
Je finis par décider après moultes tergiversations: Un tartare de thon rouge au wasabi en entrée (Merci Monsieur le poissonnier de l'Enseigne à l'Oiseau pour cette originale idée), suivi d'une côte de boeuf rôtie... pas du dîner de gala, mais pas de la bouffe de cantine non plus quoi...Indications de cuisson et de préparations en tête, je rentrai en mon modeste Domus Neuillyen, afin de mitonner tout cela, laisser reposer la viande, mariner le poisson, bla bla bla...

Je profitai de ce laps de temps pour choisir de quoi m'emballer moi, parce que rien ne sert de recevoir comme Nadine, si c'est pour rester sapé comme Valérie Damidot... Hop, ça y est, une chemise sombre, ajustée et un peu longue, habile tricherie permettant de tirer l'oeil sur la hauteur de la silhouette et non pas sur sa rondeur, un jean ce qu'il faut de baggy, sans ceinture cela va sans dire, et, petit plus qui tue, rester pieds nus, détail qui, outre qu'il est le privilège du maître de maison et a le mérite de ne pas saloper les efforts fournis sur le parquet, se révèle diablement sexy, vous en conviendrez...
Ajoutez à cela une vingtaine de minutes pour choisir le parfum adéquat, pas trop capiteux, mais profond et boisé, car cela se porte mieux avec du sombre et en soirée qu'un parfum aquatique et végétal de type « acqua di gio », c'était le conseil beauté de Tata Nikko. Bon, ceci dit j'ai fini par jeter mon dévolu sur « Rochas man », plus capiteux, ya pas... Euuh, si, ptet, un loukoum!

La tenue complète enfin décidée, et posée sur le BZ, je pus me concentrer sur l'ambiance à apporter à la pièce.
Comme tu t'en souviendras de ma période travaux, j'ai donné à mon appartement une légère touche cosy et lounge, jouant sur le rouge (Un mur, rideaux en velours), et le doré (Miroir, plafonnier baroque), le tout avec des meubles bruns chocolat et un parquet à l'unisson. Bon, dit comme ça et en plein soleil d'après midi, j'en conviens, ça ne rend pas des masses. Mais un peu d'imagination, que diable... De fantaisie.

Une fois les bougies achetées dans le magasin de déco à côté d'Auchan savamment posées, une ambiance lumineuse orchestrée pour mettre en valeur les tons rouges et sombres de la pièce (le tout expérimenté avec les volets fermés pour faire comme si, parce que forcément à 15 heures on a vu mieux comme « nuit », et n'est pas Harry Potter qui veut...), et on se rend compte que ça donne quelque chose de pas mal du tout...
Ajoutez un chemin de table »carmin » qui rend très bien sur la table brune, et deux Chesterfields (Les fauteuils, pas les clopes, gourdasse!!!) dans lesquels nous nous installerons pour dîner, et tout y est.

L'ambiance musicale, elle, est toute trouvée, ma super compile de Trip-Hop, mâtinée ici et là de quelques perles de Portis Head, avec la voix de Beth Gibbons qui est ensorcelante (alors que celle d'Alizée, pas du tout, comme quoi il n'y a pas de règles...), ne rien ajouter, tout est parfait.
Retour dans la cuisine, à malaxer du dé de thon rouge dans de la sauce de soja au Wasabi, à assaisonner une côte crue, à calculer un temps de cuisson à base de X minutes par livre, à me dire que Maïté avait du faire math sup-maths Spé, galérer un peu sur l'accompagnement, il fut vite 19H30, et il ne me restait qu'une petite demie-heure pour me récurer et ne pas l'accueillir en tablier et vieux T Shirt.
Douche rapide, bien que brûlante (mais ne sont-ce pas les meilleures?), toujours au Cadum à la protéine de coton (Bis repetita peut placent, des fois, quand même), 10 secondes à cirer ce qui me tient lieu de chevelure (si si j'en ai maintenant, c'est redevenu mode, Hair is the new Bald), m'hydrater le groin, un coup de fer sur l'ensemble de la tenue prévue, et me voilà, à peine anxieux, à tout re-vérifier du coin de l'oeil, depuis la cuisine, où j'officiais de nouveau.
Coup de téléphone, l'objet de mon affection est arrivé à la station de métro, je lui indique le chemin et les codes (oui, LES codes, on est à Neuilly quand même...) et je lance le top départ de la mise en scène. Fin du pouvoir de la fée électricité dans cette pièce, allumage de bougies, mise en marche de mon DJ perso pour cette soirée: I Tunes, et les premières notes sont noyées dans son coup de sonnette.



Petite crise d'apnée nerveuse, et je trottine jusqu'à la porte d'entrée que je lui ouvre avec empressement.

Je le concède volontiers, je suis fier de mon intérieur (je parle ici de mon appartement), même si la transformation n'est pas encore terminée, et vu le rythme de mes nouvelles envies, je me demande si elle le sera un jour.
Mais je dois avouer que le regard qu'il eut en entrant fit déborder mon égo, dont la contenance est pourtant impressionnante.

« Putain, chez toi c'est comme si on avait le Pub St Germain pour nous tout seuls »...

Une fois passé le micro orgasme que cette simple réflexion me procura, je ne pus m'empêcher d'en sourire, car il ne pouvait pas tomber plus juste. C'est exactement ce à quoi j'avais pensé en aménageant et décorant mon appart pour ce soir, cherchant ainsi à rallumer dans ses jolis yeux l'étincelle qui y avait brillé lors de ce fameux rendez vous, sans doutes l'un des plus agréables, le cadre aidant.

Une bise rapide, toujours un peu trop appuyée et m'attardant sur la douceur de sa joue un tout petit peu plus longtemps que la morale hétérosexuelle ne l'autorise, je prends son manteau que j'accroche, et le guide vers le séjour, maintenant nimbé d'une lumière douce et vacillante.

« J'adore ton appartement! »

Ok, là c'est officiel, j'ai décollé, je vole sur un nuage, I believe I can fly....

Je le fais asseoir dans l'un des fauteuils, et file à la cuisine chercher le pichet de Caïpirinha (Home-made, s'il vous plaît, c'est mon côté Bree Van de Kamp), pour lui servir un verre, m'octroyer le même traitement, et ramener le tout dans le séjour. Assis en face de lui, je le regarde prendre quelques minutes pour se poser, parcourir la pièce d'un regard circulaire, et sourire, de ce même sourire un peu fatigué qu'il arbore immanquablement après une journée de travail. Ces yeux si doux, ce visage... je pourrais passer des heures à le regarder.

Bercés par la musique, nous parlons de tout de rien, de sa journée de travail, des miennes, de sa vie, de la grève, bref une conversation vide de sens et reposante comme on les aime en telle compagnie.
Il me demande ce qu'il y a à manger, ce à quoi je répond l'air espiègle que c'est une surprise.

Ok je fais là un aparté, et surtout je lance une requête: Je demande à tout spécialiste de la science comportementale, à tout sociologue ayant le bon goût de passer sur ces pages de me répondre. Par quel mélange chimique ou hormonal, un jeune ( parfaitement, et merde, d'abord!!) garçon, usuellement qualifié de blasé et sarcastique, connu pour avoir les pieds sur terre, voire même un peu trop, et dont la lucidité confère parfois au cynisme peut soudain se complaire dans un gnangnantisme sirupeux propre à faire passer « Plus belle la Vie » pour du Zola dès lors qu'entre dans son champ de vision un quidam de sexe masculin dont la seule exception, outre son extrème beauté et sa sensualité chavirante, est qu'il est propre à susciter l'envie de passer toute une existence à ses côtés?
Fin de l'aparté, merci de me répondre en commentaire (ça m'en fera au moins un).

Une surprise, donc, dont je vais vite fait vérifier la cuisson en opérant le deuxième set Caïpi.
J'en profite pour dresser rapidement les entrées, et remettre les assiettes au frigo afin d'optimiser le contraste entre la brûlure du Wasabi et le froid du plat lors de la dégustation.

De retour auprès de mon invité, que je ressers généreusement, la conversation se poursuit tranquillement, entrecoupée, toujours, de regards qui en disent long de mon coté, et chuchotent quand même un peu du sien...

Deuxième verre écoulé, je propose d'attaquer les hostilités, et je file chercher le vin, que je ramène à table, et le temps qu'il l'ouvre (non mais ohh? il croyait arriver les pieds sous la table?), je décore rapidement les assiettes.
Le blog de Nikko étant aussi un blog visuel, je te propose, ami Lecteur, de fermer les yeux et d'imaginer...
...
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Euuh, de fermer les yeux APRES avoir lu la description, évidemment...

Une assiette en grès, gris clair, saupoudrée de curry, au centre de laquelle se dresse un dôme de thon rouge haché mariné au Wasabi, sur lequel sont posés deux brins de ciboulette entrecroisés, le tout fini par un tour grossier de gouttes de marinade. C'est pas beau ça? Ca vaut pas du macaron Michelin?????

Et en plus d'être beau, c'était bon. Avis, semble t il partagé par la deuxième moitié de l'assemblée. Original et frais, léger, bref, que du bon.

Je le ressers en vin ( que j'avais choisi rosé, puisque UN, nous ne sommes ni l'un ni l'autre de grands amateurs de vin, et que DEUX il y avait de la viande rouge a venir, ce qui ne va pas avec le blanc, et les mélanges ne me réussissent pas), et je souris à la soirée qui semble se dérouler sous les meilleurs auspices.
La conversation, que je ne qualifierais pas de « A bâtons rompus » était on ne peut plus agréable, l'engourdissement naissant initié par la Caïpirinha et entretenu par le vin, auquel la musique lancinante et un rien hypnotisante (les amateurs de TripHop confirmeront) ne gâchait rien, la compagnie qui, en plus d'être esthétiquement miam se révélait aussi douée en conversation... Bref, je ne connais pas beaucoup de façons de passer un samedi soir que je préférerais à celle ci.

Assiettes débarrassées, et une nouvelle attaque de sa part (visant seulement à me proposer de l'aide, mais on peut rêver) repoussée, je me rue dans la cuisine pour poursuivre les hostilités.
Viande coupée, maintenue au chaud en papier alu le temps de la laisser reposer et de réchauffer les légumes, de récupérer le jus de cuisson que je monte légèrement au beurre, et de dresser le tout, et je revins à l'espace salon.

-Si avec un post pareil je ne suis pas harcelé par Cuisine TV, je veux bien être pendu-

Nouveaux compliments, nouvelles rasades de vin, engourdissement toujours un peu plus profond, des bribes de conversation feutrées alternant avec des plages de silences au cours desquelles Beth murmurait délicieusement à nos oreilles dans une pénombre complice. Je ne me lassais pas du pétillement que les bougies donnaient à son regard, et de la lueur ambrées qu'elles posaient sur son visage.
Mis à part le désir bouillonnant de le prendre dans mes bras que je ressentais, et la frustration de ne pouvoir concrétiser de telles pensées, la soirée pouvait être qualifiée de paradisiaque.

Ma seule concession au à la bienséance culinaire poussée son paroxysme fut d'acheter une demie bouteille de vin liquoreux, afin d'accompagner son dessert favori.
Je l'abandonnai d'ailleurs afin d'aller mettre ledit dessert sous le grill, et de changer les verres.

Je ramenai la bouteille, nous servis sous son regard interrogateur mais amusé, et retournai à la cuisine.
J'en revins avec le « coup de grâce » pâtissier, et je ne pus m'empêcher de laisser exploser intérieurement une pointe de triomphe en voyant son regard quand je posai devant lui une crème brûlée dont le sucre grésillait encore.

Qui a dit que pousser de la fonte et se tailler un corps de Dieu Grec était le seul moyen de séduire?
A celui là je répondrais « Pose tes haltères et viens voir son regard là, à cette minute et on en reparlera ». Si ce jeune homme était sodomite avéré, j'ai l'impudence de croire que nous serions déjà en train de prendre rendez vous dans la préfecture la plus proche.

Je confirme au passage que le Monbazillac se marie très bien au « chaud-froid » de la crème brûlée.

Café, histoire de chasser un peu tout ce sucre de nos papilles, et nous décidâmes que ce serait gâcher de laisser perdre toute cette bonne Caïpirinha, aussi déplaçâmes nous la table le long des deux fauteuils positionnés en un face à face décalé façon « causeuse ».
Et là, nos verres à portée de main, la carafe aussi, nous étions parés pour voir poindre l'aube si le coeur nous en disait. L'autre avantage non négligeable de la nouvelle disposition de nos assises respectives était le rapprochement ainsi occasionné, et donc la possibilité pour moi d'effleurer la jambe de son jean de mon pied nu, comme ça par maladresse à peu près toutes les deux minutes.

A en maudire le fait qu'il ne soit pas venu en voiture, ce qui m'aurait donné un prétexte tout à fait avouable pour le garder à dormir, arguant que boire ou conduire il avait choisi.

Cet agréable intermède se poursuivit jusqu'à l'assèchement de la carafe et au delà, mais vint quand même le douloureux moment des adieux, et je le raccompagnai à la porte, le péricarde toujours vibrant et dégoulinant de tendresse.

Est ce le film, toute cette pression, ou l'alcool qui coula un peu à flots quand même, toujours est il qu'au moment de lui faire la bise, je dérapai franchement et pas du tout par inadvertance, et posai mes lèvres sur les siennes, aussitôt effrayé par ma propre audace et ses possibles conséquences.

Est ce le film, toute cette pression, ou l'alcool qui coula un peu à flots quand même, toujours est il qu'il ne m'en colla pas une, ne vociféra pas, mais se contenta de me regarder sans rien dire, une ombre de sourire apparaissant à la lueur des bougies. Et toujours sans un mot et le regard tourné vers moi, il entra dans l'ascenseur, et partit.





C'est à peu près ce moment là que choisit mon radio réveil pour beugler que « Il est 5 heures, les infos avec MachintrucChouette », et par là même me tirer d'un sommeil que j'aurais adoré éternel, si j'avais la certitude qu'il soit peuplé d'autres rêves comme celui là.

Je n'en échangerais pas les bribes qu'il m'en reste pour tout l'or du monde.

En vous r'merciant, Bonsoir...

Ps: Bien sur j'ai un peu brodé la matière autour des quelques souvenirs que j'ai gardés du rêve en question, parce que en l'état, je n'aurais pas eu de quoi faire une demie page.
Alors j'ai ajouté un peu de fiction, et ça a donné ce que vous venez de lire.
Entre rêve de nuit et rêve de vie.

Mais un jour je rirai de tout ça en acceptant le Goncourt.

Tiens à ce propos, c'est pas pour me la péter, mais grâce à un ami cher, libraire de son état, qui quand il ne plagie pas mes titres, me propose de l'accompagner à des remises de prix littéraires, ben j'ai bu une coupe avec Bertrand Delanoé, et Tania de Montaigne. Ca troue pas le cul, ça?????

Enfin techniquement, j'ai pas pris une coupe AVEC eux, mais on était quand même dans la même pièce...

Allez, en vous r'merciant, bonsoir pour de bon, là.

 

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